Article 3 – Santé/Société – Nos expériences de vie, l’illusion que nous nous construisons tous de la même façon.

 

Index:

1/ La vie d’un humain :
2/ Les expériences de vie
3/ La peur d’être jugé
4/ La différence nous unit
5/ La plus belle richesse humaine

1/ La vie d’un humain :

Que ce soit les personnes que j’accompagne dans l’association*1 ou les personnes que je croise chaque jour dans ma vie, nous nous posons souvent les mêmes questions. Je dirais même plus, nous avons tendance à souvent vivre de façon similaire.

Je m’explique : dans la vie d’un humain il y a ce qu’il perçoit comme bon et ce qu’il perçoit comme mauvais. J’entends que très rarement parler des moments considérés positifs. Parce qu’ils sont souvent très bien assimilés par chacun donc directement vus comme constructifs et « en général » dénoués de jugement.

En revanche, j’entends très souvent parler des mauvais moments, des moments stressant, des préoccupations, ils sont souvent perçus comme non constructifs voir destructifs.

Ils se constituent de questions qui tournent en boucle et qui nous suivent depuis notre plus tendre enfance, des questions qui reviennent chez beaucoup de personnes et qui ont tendance à nous travailler parfois même sans s’en rendre compte. Elles apparaissent fréquemment lorsque nous faisons face à une situation dont l’issue nous est inconnue.

-Qu’est-ce que je vais bien pouvoir faire dans la vie ?-
-Quelle métier choisir pour satisfaire à la fois mes envies et celles de mes parents ?-
-Qu’est ce que j’aime au final ?-
-Cette maladie me tombe soudainement dessus, pourquoi moi ? vais-je guérir, quand vais-je guérir ?-
-Pourquoi m’a t’il (t’elle) quitté ?-
-Pourquoi m’est t’il impossible d’accepter mes erreurs ?-
-Vais-je réussir ce que je suis en train de construire ?-
-Je suis père (mère) et cadre, comment puis-je gérer les deux, quel regard ont ma femme (mon mari), mes enfants, mes supérieurs sur ma condition ?-
-J’ai l’impression d’être effacé(e) quand je suis avec mes proches, pourquoi ?-
-Pourquoi ne me comprennent-ils pas?-
-J’ai toujours peur face à une nouvelle situation, pourquoi ? suis-je normal(e) ?-
-Vais-je un jour trouver le bonne personne ?-
-Je n’aime pas le métier que je fais mais je n’ai pas le choix, que faire ?-
-Je n’arrive pas à lui dire je t’aime, comment faire ?-
Etc…

La liste est interminable et il y a beaucoup à dire sur chacune de ces questions,
mais pour le moment occupons-nous du point commun entre toutes celles-ci.
Ces « questions » sont finalement directement liées à des « situations ». Toutes ces situations ont un point commun, qu’elles soient positives ou négatives, elles sont ce que l’on appelle « des expériences de vie ».

2/ Les expériences de vie

La vie est une succession d’expériences de vies propres à chacun, car une même situation n’est pas toujours vécue pareil par tout le monde.

C’est ici que se trouve le paradoxe de notre époque. Nous sommes souvent guidés par une croyance collective qui nous porte à croire que sous cet aspect nous sommes tous identiques, nous percevons et vivons tous un événement de la même manière.

-Si tu n’es pas heureux(se) dans telle situation, tu n’es pas « Normal(e) »-
– Si tu n’es pas triste dans telle situation, tu n’es pas « Normal(e) »-
-Il (elle) a tout pour être heureux(se) et pourtant ça ne va jamais !-

Prenons conscience que selon les circonstances, nous n’avons pas tous les mêmes bases pour traverser ces expériences. Nous avons tous accès à des outils différents. Ces bases dépendent de plusieurs critères et contextes qui nous ont permis de nous construire à notre façon et qui sont pour les principaux :

Critères et contextes

Exemples

1) La période pré-natale :

Comment la maman (le papa) ont-ils pris soins de leur bébé durant la période prénatale ? La maman a-t’elle eu des chocs émotionnels ou physiques ? (Voir même d’autres aspects spirituels se référant à des vies antérieures.)

2) Le contexte de vie durant la croissance :

L’enfant vit-il avec un grand confort dans une famille aisée ou a-t’il vécu démuni dans un milieu plus difficile.

3) La façon dont a été élevée la personne :

Cet humain a-t’il eu un soutien familial pour grandir et avancer ou s’est-il construit seul.

4) Les expériences que la personne a traversé jusqu’ici :

Cet humain a-t’il déjà fait face à « la réussite », « A l’échec », « A telle ou telle situation »

5) L’aspect génétique de « la personne » et « familial » :

L’humain a t’il une santé de fer ? y a t’il des antécédents familiaux ? Etc…

Pour ces raisons, la diversité des humains en terme d’expériences de vie paraît comme une évidence car pleins de facteurs interviennent dans son développement.

3/ La peur d’être jugé

Malheureusement ceci entraîne un phénomène récurent qui ce produit pour chacun au moins une fois dans sa vie : L’incompréhension de l’autre qui mène très souvent au jugement.

Suite aux échanges que je peux avoir avec les personnes que j’accompagne dans l’association*1 ou avec mon entourage, il m’est souvent rapporté une souffrance liée au jugement de soi par les autres. Parfois même, la personne se rend malade par peur d’un jugement qu’elle se projette elle-même.

Au fond, pourquoi nous nous posons ces questions ? Pourquoi nous imposer un mal-être ? Prenons un cas concret.

Voici mon cas depuis maintenant quelques années : Lors de l’apparition des symptômes liés à la névralgie, je me suis rendu compte qu’il m’était quasiment impossible de m’asseoir sans ressentir une profonde douleur sur une grande partie des organes voisins du périnée. J’ai trouvé après de nombreux mois une solution palliative, je dois utiliser un coussin similaire aux coussins des femmes enceintes qui permet de ne pas comprimer mon périnée. Seulement, ce coussin n’est visuellement pas quelque chose d’habituel aux yeux des gens. Ne pouvant faire autrement, je dois le prendre avec moi partout où je suis susceptible de devoir m’asseoir. Je dois vous avouer que j’ai eu un mal fou à l’accepter. Pourquoi ? Parce qu’à mes yeux, ce n’était pas un instrument « normal » qui était utilisé par tout le monde. Le coussin ayant un trou au milieu, lorsque je l’oubliais sur une chaise par exemple, j’avais souvent le droit à des réflexions du type « Qui a oublié son dessus de chiotte ? » Aujourd’hui ceci me fait sourire mais à une époque, ce genre de réflexion installait en moi un sentiment de honte et de peur du jugement car je me sentais pleinement atteint et jugé. (Il m’arrive d’avoir des rechutes de temps à autres mais après tout c’est humain!)

Puis un jour je me suis dit la chose suivante :

Imaginons que dans une autre vie tous les humains devaient avoir ce coussin car leur morphologie les obligeait, ce serait « normal » aux yeux de tout le monde. Pas de quoi s’en rendre malade.

Depuis ce jour, j’ai pris conscience que ce coussin m’a apporté quatre occasions à grandir:

  • Que la normalité n’est qu’une création de l’homme,

  • Accepter pleinement qui je suis, comme je suis.

  • Il m’a fait grandir, car j’ai su traverser cette expérience et vous la partager aujourd’hui comme un point constructif de ma vie.

  • Le coussin me permet de vivre paisiblement chaque jour sans presque aucune douleur

Au fond, nous nous posons ces questions parce que la situation que nous vivons projette une image différente aux yeux des autres, aux yeux d’une normalité non définie.

Comme évoqué précédemment, tous ces jugements prennent naissance dans l’incompréhension de l’autre face à un contexte vécu différemment. Alors pourquoi devons-nous juger ? Au premier abord le jugement est loin d’être moteur car personne vit exactement ce que nous vivons. Du moins, personne ne le perçoit comme nous le percevons (Ou très rarement).

Lorsqu’une personne porte un jugement, elle est simplement là pour augmenter la satisfaction de son ego et donc alimenter son virus de domination*2.

Car indirectement par cette attitude, elle met en avant son désir de dominer. Selon elle, son point de vue est le seul et unique.

Les croyances collectives de la société moderne nous poussent très souvent et indirectement en ce sens car nous sommes continuellement mis en compétition. Que ce soit par le travail, les jeux télévisés, l’école, les réseaux sociaux etc…. La différence chez les humains est souvent vu comme une façon de se catégoriser. Elle est, selon nos croyances, présente pour nous séparer, nous comparer, nous juger.

Mais est-ce qu’aux yeux de l’humanité, cette façon d’agir paraît être la plus constructive ? Si nous prenons du recul, est-ce que cette solution nous permet d’avancer, d’évoluer ? Et si la différence était au contraire une façon de s’unir pour apprendre et grandir ?

Serait-il possible d’unir et d’apprendre par la différence ?

Je pense que oui.

4/ La différence nous unit

Comme nous pouvons le voir au début de cet article, même si nos expériences de vie et nos perceptions sont différentes, les questions qui ruminent dans nos têtes sont souvent les mêmes. Nos difficultés premières sont souvent les mêmes.

Toutes nos vies réunies amènent de nombreuses expériences à première vue identiques, mais abordées d’une façon différente selon les humains. Selon les cas chacun pourrait partager une solution plus ou moins appropriée au besoin de l’autre. Nous prenons finalement conscience que nous sommes tous des héros avec des vies très différentes et passionnantes qui vont pouvoir nous inspirer les uns les autres dans n’importe quelle situation.

La différence nous renforce et alimente la plus belle richesse humaine « L’expérience de vie ».

L’entraide et l’échange deviennent dans ce cas des outils magiques et totalement appropriés.

5/ La plus belle richesse humaine

Les expériences de vie constituent à mes yeux le squelette de la vie humaine. Elles sont l’une des plus belles et grandes richesses humaine que nous pouvons avoir.

Elles sont la base de tout ce qui articule notre vie. Grâce à elles, chaque jour, nous grandissons, nous partageons, nous découvrons, nous nous construisons. C’est la meilleur école qu’il soit.

Qu’importe les points de vues, je suis convaincu que la différence nous rassemble, car sans différence les expériences de vie n’existent pas et sans expériences de vie, la vie humaine n’a plus de squelette, donc réduite à néant.

En ce sens, partageons nos vies ! N’ayons plus de pudeur à dévoiler qui nous sommes véritablement avec nos bons et mauvais côtés, avec nos bonnes et mauvaises expériences car elles nous construisent toutes autant les unes que les autres.

A très bientôt !

Michael

*1:Je suis écoutant et fait de l’accompagnement psychologique dans une association liée à la Névralgie Pudendale.

Envoyez-moi vos expériences de vie !

Si vous voulez partager une expérience, écrivez-moi sur la page « Contact » ou à l’adresse mail (contact@lecoupdoeilquiinspire.com).

Expliquez-moi en quelques lignes votre expérience de vie et ce que vous voulez transmettre. Je choisirai une personne par mois que j’irai rencontrer et interviewer.

Rendez-vous sur le site !

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